Développement de la gig economy

Gig Economy : Définition, enjeux et tendances pour 2019.

Gig Economy : Définition, enjeux et tendances pour 2019.

Dans la continuité des bouleversements engendrés par la numérisation de l’économie et le phénomène tant médiatisé d’uberisation, le marché du travail tend à être rendu de plus en plus flexible grâce au développement de l’économie des freelances : c’est ce qu’on appelle la gig economy.

Pour de nombreux travailleurs, le freelancing est également un moyen de cumuler plusieurs emplois et de générer des revenus complémentaires (side hustles en Anglais).

Avec le développement des plateformes de “gig” comme UpWork, Freelancer ou Malt en France, c’est toute une partie de la population active qui peut désormais accéder à un marché du travail numérique, flexible et mondialisé en quelques clics.

Définition

À l’inverse d’un marché de l’emploi rigide où les employés ne changent que rarement de poste, la gig economy se définit comme un marché où le travail flexible est dominant et où les entreprises favorisent l’embauche de travailleurs indépendants de façon ponctuelle au détriment des emplois à plein temps traditionnels.

Pour les entreprises, l’emploi de travailleurs flexibles présente plusieurs avantages économiques : celles-ci peuvent employer à temps partiel et de façon sporadique pour une expertise particulière sans avoir à supporter les coûts d’une embauche à temps plein permanente.

Un profond mouvement de transformation du marché du travail

Soyons clairs : la gig economy n’a rien d’un effet de mode.

Il s’agit d’un véritable mouvement de transformation qui touche tous les pans du marché du travail et de la société, particulièrement en Europe et aux États-Unis.

À ce sujet, une étude de 2016 menée par le cabinet McKinsey a montré que 162 millions d’actifs sont engagés dans une forme ou une autre de travail indépendant en Europe et aux États-Unis, soit environ 30% de la population active.

répartition des travailleurs indépendants aux états-unis et en europe

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Depuis 2016, la proportion de travailleurs indépendants a d’ailleurs encore augmenté aux États-Unis : elle était de 35% en 2017 (Intuit) et devrait atteindre 43% de la population active d’ici à 2020 selon le Intuit 2020 Report.

Pour de nombreux travailleurs, le développement de la gig economy va de pair avec la flexibilité accrue du marché du travail : on constate sans surprise que de plus en plus d’employés n’hésitent pas à changer de postes fréquemment, à l’opposé du modèle “une carrière, une entreprise” qui tend à disparaître.

Pour autant, la gig economy révèle en réalité de grandes disparités de traitement et de réussite au sein même des travailleurs indépendants.

Concrètement, la gig economy comprend une grande partie d’emplois peu qualifiés (chauffeurs et livreurs principalement) qui viennent alimenter les plateformes-mères de la gig economy que sont Uber, DoorDash, Lyft, Foodora et consorts.

Déjà loins du rêve initial d’indépendance financière et d’autonomie que ces plateformes leur avait promis, de nombreux travailleurs des plateformes de la gig economy revendiquent des compensations au titre d’une confusion entre salariat et travail indépendant.

Depuis 2016, des chauffeurs Uber de plusieurs pays poursuivent d’ailleurs l’entreprise pour “salariat déguisé”. On avait également vu un mouvement de protestation des livreurs de startups telles que Deliveroo, Glovo, Stuart et Foodora au printemps 2018, revendiquant une revalorisation de la rémunération et dénonçant leurs conditions de travail jugées fortement précaires.

De l’autre côté du spectre des independent workers, on retrouve les nombreux freelances et consultants qui proposent leurs services sur des plateformes telles qu’Upwork, Freelancer ou Malt en France.

Pour ces nouveaux travailleurs du numérique, c’est un marché de l’emploi mondialisé, compétitif et flexible qui s’ouvre à eux.

Sur ces plateformes, plusieurs modèles de présentation co-existent : certaines plateformes comme Malt permettent à chacun de créer son profil puis d’être choisi(e) par une entreprise tandis que d’autres plateformes comme UpWork ou 404Works proposent aux travailleurs d’enchérir sur des projets clients : c’est alors à celui ou celle qui parviendra à convaincre le client ou à proposer le prix le plus attractif.

la plateforme de freelances upwork

Sur Upwork, ce sont les freelances qui viennent aux entreprises.

Source

Pour les travailleurs indépendants qualifiés qui peuplent ces plateformes, l’enjeu varie selon les profils : certains tentent d’y développer leurs portefeuilles clients de façon à développer une activité à temps-plein tandis que d’autres profils y cherchent un complément de revenu régulier.

Dans tous les cas, on constate cependant que ces plateformes font apparaître des profils fortement qualifiés (voire hyper-spécialisés) qui répondent à des demandes précises du marché.

la plateforme de talents Malt

Sur Malt, point de chauffeurs mais de nombreux profils techniques et spécialisés (ici, développeurs React.JS).

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Nouveaux modèles et nouveaux espaces de travail

Pour les armées de nouveaux travailleurs indépendants, pas question de rester enfermé(e) chez soi : la tendance est au développement de nouveaux espaces collaboratifs de travail : les espaces de co-working.

Pour de nombreux freelances, les espaces de co-working permettent de combattre la solitude et d’échanger avec d’autres travailleurs tout en gardant un espace dédié au travail et séparé de leur vie personnelle.

Pour répondre à ces besoins, des géants du co-working comme WeWork, Regus ou encore Spaces ont émergé dans la plupart des métropoles de la planète au cours des 15 dernières : ils y accueillent startups, consultants, freelances et professions libérales.

un café coworking à paris

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Dans ces nouveaux espaces de travail, l’accent est mis sur la connectivité et les possibilités de networking mis en avant par ces structures : les freelances et travailleurs indépendants peuvent ainsi échanger sur leurs clients et pratiques entre eux et développer leur activité.

En dehors de ces espaces bien particuliers, on constate également que le coworking s’installe dans la plupart des endroits publics : de nombreux restaurants, bars, cafés, gares et mêmes aéroport créent des espaces de coworking au sein de leur structure de façon à croiser les comportements et séduire cette nouvelle clientèle.

Quête de sens et nouvelles notions de réussite

Selon une étude de 2014 menée par l’Université de Bentley, 66% de la génération des millennials déclare vouloir lancer son activité : une statistique puissante qui témoigne du fort attrait porté à l’entrepreneuriat par les nouvelles générations.

Si plusieurs causes peuvent expliquer ce mouvement de masse vers l’entrepreneuriat, notons également que créer une entreprise ou son activité n’a jamais été facile qu’en 2019 : une simple requête Google peut vous aiguiller étape par étape vers la création d’une structure légale tandis que les cours en e-learning affluent dans toutes les disciplines, remettant pour certains en question la nécessité d’obtenir un diplôme universitaire.

Pour beaucoup de travailleurs indépendants, il y a donc intrinsèquement une notion de réussite à atteindre dans le développement de son activité : les solo-entrepreneurs et freelances sont également soumis à des impératifs de réussite, qu’il s’agisse de volume d’affaires, de rentabilité ou d’évolution vers une structure plus grande.

Au sein de ces nouveaux travailleurs, on constate cependant un décalage de compétences et de vision :

D’un côté, les freelances et solo-entrepreneurs qualifiés qui quittent souvent des activités salariales pour “lancer” leur propre activité : il s’agit alors véritablement d’une activité entrepreneuriale qui requiert donc d’acquérir des clients et de développer son activité commerciale avec parfois de réelles stratégies de branding et de marketing.

D’un autre côté, la gig economy emploie également de nombreux travailleurs, parfois précaires, occupés à des emplois de livreurs, préparateurs ou chauffeurs pour des entreprises dites “uberisées” de services.

De ces deux façades de la gig economy, force est de constater que tous les gig-workers ne peuvent aspirer aux mêmes critères de réussite : la gig economy apporte également son lot de bouleversement dans le paysage social du marché du travail, en France comme ailleurs.

Une aubaine pour les entreprises ?

La gig economy ne change pas seulement les habitudes des travailleurs, elle apporte également son lot de changements pour les entreprises qui y font appel.

En effet, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel aux travailleurs de la gig economy : selon le Future Workforce Report d’Upwork, 48% des entreprises aux États-Unis font déjà appel à des freelances en 2018 avec une croissance attendue de 168% pour les 10 années à venir.

Et pour de bonnes raisons.

En réalité, les entreprises font principalement appel aux freelances à cause de la pénurie de talents ressentie et des difficultés qu’elles éprouvent à recruter.

les entreprises ont du mal à recruter

Source : Upwork Future of Work Report, 2018

Pour les entreprises en recrutement, faire appel à des profils indépendants permet donc de combler un déficit technique à court ou moyen terme : c’est également un moyen de ne pas assumer les coûts d’un emploi à temps plein et de disposer de ressources humaines flexibles à moindres coûts.

Dans la lignée du développement du “remote working”, l’intégration de profils freelance en entreprises soulève donc de nouveaux enjeux autour de la communication et de la collaboration inter- et intra-équipes : celles-ci devront pouvoir trouver un équilibre pour concilier travail en présence physique et travail en virtuel et créer de la synergie dans des équipes parfois décousues.

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