Il y a quinze jours, nous avons lu dans Le Monde, une réflexion de Boris Sirbey co-fondateur du LabRH qui nous a bien plu.  « Les responsables des ressources humaines vivent aujourd’hui ­l’expérience de Neo dans Matrix (..). Il y a un changement de civilisation. Le DRH doit devenir un coach organisationnel». Sans aller jusqu’au questionnement profond de la Matrice, le DRH vit cependant une situation de balancier. Il est tout à la fois sujet au soupçon à propos de sa pertinence au sein d’une entreprise qui n’en aurait plus besoin et objet d’énormes attentes financières, économiques, éthiques et philosophiques. Et les attentes de la part de la direction et des collaborateurs ne sont pas toujours congruentes.

Michel Barabel (qui vient de sortir un livre formidable, Pour une DRH inspirante) identifie les DRH à des régulateurs sociaux. Ils deviennent en effet garants face « au risque de déshumanisation des interactions, au risque de stupidité artificielle, au risque de discrimination par l’algorithme… »

En énonçant la liste de ces attentes et de ces risques, on remarque qu’ils dépassent la frontière de l’entreprise pour se faire plus sociétales. Ces derniers mois, plusieurs événements ont marqué les esprits :  l’image-symbole d’une chemise déchirée;  la fonction qui devient fiction au cinéma; la nomination d’ un ministre du travail, ancien DRH….Autant de signes annonciateurs d’un nouveau rôle du DRH : il devient l’arbitre de la transformation des relations au travail, voire du Travail dans son entier.

En publiant notre manifeste365 pour les DRH, c’est bien cette idée que nous voulons défendre, celle de ce leadership émergent et inédit, autrefois domaine de la DG et souligner les nouvelles responsabilités que la DRH endosse désormais :  rendre son entreprise plus mobile, plus apprenante et plus étendue.